Foire aux questions
Réponses aux questions que nous posent le plus souvent les chercheurs de vérité
« Nous avons tous peur de ce que nous ne comprenons pas. » – Le professeur Langdon expliquant la franc-maçonnerie à ses étudiants, Dan Brown, Le Symbole perdu
Vous vous interrogez sur la franc-maçonnerie, mais vous êtes freiné par des questions auxquelles vous ne savez pas à qui adresser? Ce document s’adresse avant tout à nos amis profanes qui se posent des questions, mais qui ne disposent ni des éléments ni des informations nécessaires pour se faire une idée et peut-être un jour frapper à la porte du Temple.
Nous allons ici aborder 11 thèmes en fournissant des clefs. Je ne détiens aucune vérité, je donne seulement des clefs, et non des réponses. Les clefs mènent à la réflexion, les réponses mènent à l’acceptation. En effet, l’esprit critique de chacun dépend de ce que chacun de nous est. La décision d’entrer en franc-maçonnerie doit être prise en toute liberté de conscience, mais aussi en pleine connaissance de cause. Il est nécessaire de démystifier certaines idées reçues qui ont la vie dure car elles sont entretenues par les courants de pensée qui constituent l’antimaçonnisme, la plupart du temps primitif et simpliste, et d’autre part, nous devons exposer des éléments suffisamment éclairés.
Je ne parle pas au nom de toute la maçonnerie, mais en tant que franc-maçon doté d’une longue expérience au sein de l’Ordre. Ces réflexions se rapportent à la vue d’ensemble de la franc-maçonnerie à l’Orient de Serbie, où opère un plus grand nombre d’obédiences.
1. Existe-t-il un âge limite pour entrer en franc-maçonnerie ?
L’âge à lui seul n’ouvre ni ne ferme les portes du Temple. Selon les documents de la plupart des obédiences, la limite formelle est de 21 ans, mais la mesure réelle n’est pas le chiffre sur une carte d’identité – c’est le moment où une personne devient autonome dans la vie. Chaque individu détermine lui-même ce moment.
2. Avez-vous besoin d'un haut niveau de connaissances intellectuelles ou d'éducation pour entrer ?
Un diplôme n’est pas une condition, la curiosité l’est. En franc-maçonnerie, il y a des docteurs « en quelque chose », mais aussi des autodidactes sans diplôme – et les uns comme les autres sont, dans le Temple, des Frères égaux. Ce qui les relie, c’est la curiosité de découvrir le Grand Livre de la Vie, la seule encyclopédie à taille réelle. Nous sommes comme des explorateurs, et la seule véritable condition est un esprit ouvert et la volonté d’apprendre toute sa vie. L’éducation formelle peut être un outil utile, mais elle n’est jamais un prérequis pour l’accès à la Lumière.
3. Est-ce une société secrète, ou même une secte ?
La franc-maçonnerie est une société initiatique qui utilise des symboles, des rituels et des mythes comme outils, mais elle n’est pas secrète. Elle souhaite être discrète afin de protéger ses membres de ceux qui luttent contre nous, parce que notre liberté et le fait qu’ils ne puissent pas nous contrôler les dérange. Il est important de savoir que révéler une Sœur ou un Frère est une faute grave qui peut entraîner l’exclusion. D’un autre côté, chacun est libre de se révéler ou non. Par ailleurs, aussi facile qu’il est d’entrer dans une secte – surtout si votre portefeuille est bien épais – et aussi difficile qu’il est d’en sortir, il est tout aussi difficile d’entrer en franc-maçonnerie (délais d’attente, vérifications), mais il est facile de la quitter. Dans une secte, le gourou et ses adjoints restent à la tête de leur organisation jusqu’à la fin de leur vie. En franc-maçonnerie, il y a des élections annuelles, et la durée des mandats, ainsi que leur renouvellement, sont limités.
4. Quel est le secret maçonnique que vous nous cachez ?
Le secret existe – mais aucun de nous ne peut le révéler, même s’il le voulait, car il n’est pas fait de mots. Le secret maçonnique est à l’intérieur de chacun de nous ; il est intransmissible car il est personnel et intime. Il n’y a ni clé, ni document, ni chuchotement qui pourrait le révéler à quelqu’un qui ne l’a pas vécu dans le Temple. Il vit à deux niveaux : à travers notre travail personnel et intérieur (personnel), et à travers la contribution que nous bâtissons ensemble, donnant naissance à l’égrégore de la Loge (collectif). C’est une différence que personne à l’extérieur ne peut comprendre, et que personne à l’intérieur n’a besoin d’expliquer.
5. Faut-il croire au divin ou non ?
Les francs-maçons sont des croyants. Chaque obédience prescrit sur quel Livre de la Loi Sacrée on travaille (Bible, Coran, Torah, etc.), avec un respect maximal pour toutes les croyances, quelle que soit la religion du Frère. Dans les environnements fortement multiethniques, les Loges travaillent sur le Livre Blanc, et chacun l’interprète selon sa propre foi. Quoi qu’il en soit, tous les francs-maçons travaillent volontairement À LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS, ce qui reflète à la fois l’essence et les fondements philosophiques de la franc-maçonnerie. La dimension spirituelle est donc présente au cœur même de l’Ordre, mais le respect de la foi d’autrui n’est jamais remis en question.
6. Lorsque vous entrez en franc-maçonnerie, devez-vous vous conformer à un moule ?
Au contraire – la franc-maçonnerie ne formate pas les gens selon un moule, mais aide chacun à construire le sien. Un franc-maçon ne peut exister que s’il existe un homme ou une femme. Un homme ou une femme peut exister sans être maçon. La franc-maçonnerie n’est pas une fin en soi. L’être humain est la fin en soi, et la franc-maçonnerie est un outil d’évolution personnelle et collective, parmi d’autres outils. Il appartient à chaque personne d’adopter la franc-maçonnerie selon sa personnalité, son histoire et sa culture. La seule chose que nous vérifions lors des entretiens avec les profanes est qu’ils ne propagent pas, individuellement ou à travers une organisation, des idées contraires à l’humanisme (racisme, xénophobie, etc.). Depuis 1987, la franc-maçonnerie n’a pas changé ma façon de penser, mais elle m’a permis de progresser et de structurer mes idées. Il existe plusieurs obédiences – plus de vingt-cinq en Serbie – mais toutes se considèrent comme initiées et ayant reçu la Lumière. Certaines obédiences sont exclusivement masculines, d’autres exclusivement féminines, mais il existe aussi des obédiences mixtes.
7. La franc-maçonnerie est-elle une forme de religion ?
Les religions sont des écoles de pensée basées sur des dogmes et des vérités plus ou moins incontestables. La franc-maçonnerie n’enseigne aucun dogme ni vérité ; ce n’est pas une école de pensée, mais une école de méthodologie et de raisonnement. Elle ne confirme rien, mais donne des clés que nous utilisons plus ou moins intégralement, selon qui nous sommes. Les adversaires de la franc-maçonnerie aiment nous comparer à la religion pour nous rabaisser plus facilement, nous présentant souvent comme quelque chose d’obscur et de dangereux, bien que cela n’ait aucun rapport avec la réalité. Il existe toute une littérature antimaçonnique et des courants religieux qui entretiennent cette tendance. Malgré toutes ces attaques, la franc-maçonnerie survit et perdure à travers les siècles – preuve de la force de ses idéaux et de ses valeurs.
8. Que faites-vous en Loge ?
Nous abordons divers sujets avec respect et en écoutant les autres. Il peut s’agir de questions sociales (ce qui n’est pas le cas dans toutes les obédiences), de philosophie ou de symbolique – mais jamais de politique. De plus, ce que nous avons partagé et acquis en Loge doit nous guider dans notre comportement et nos actions en dehors du Temple. Ainsi, chaque Frère et Sœur devient une meilleure personne, plus utile à sa famille, à son entourage et à la société dans son ensemble.
9. La franc-maçonnerie est-elle un réseau puissant qui aspire au pouvoir ?
Oui, des liens s’établissent entre les maçons. Il n’y a rien d’étrange à cela – c’est une caractéristique de tous les gens qui partagent la même organisation, comme c’est le cas des anciens élèves d’une école, des alumni d’une université ou des membres d’une corporation. L’histoire des maçons qui tirent les ficelles du pouvoir, cependant, est une pure fantaisie – un mythe entretenu délibérément par des courants de pensée qui ont intérêt à l’existence d’un ennemi. De là est née la théorie du complot, trouble et dangereuse, qui éclate de plein fouet lors des crises économiques et sociales et qui a causé d’énormes dégâts à travers l’histoire – en particulier entre 1933 et 1945. Il s’agit d’une théorie classique du bouc émissaire, et l’histoire a déjà montré où mène une telle rhétorique.
Formellement, la franc-maçonnerie a aujourd’hui un poids politique incomparablement moindre qu’un parti politique, un syndicat, un lobby ou certaines associations – par exemple, une association de défense des consommateurs. Ceux qui prétendent le contraire ne connaissent tout simplement pas les faits. La véritable force de la franc-maçonnerie ne réside pas dans l’influence sur le pouvoir, mais dans les liens entre Frères et Sœurs – et ces liens, lorsqu’ils sont construits sur l’honnêteté et la bonté, contribuent à rendre le monde qui nous entoure meilleur.
10. Est-ce coûteux d'entrer en franc-maçonnerie ?
Cela coûte beaucoup moins cher que de rejoindre une secte. Les sectes peuvent exiger que vous cédiez une partie ou la totalité de vos biens, ou que vous achetiez des livres et des méthodes à des prix excessifs. Dans les obédiences de l’Orient de Serbie, la cotisation est inférieure à 1 € par jour, soit deux fois moins qu’un expresso au café. Une partie de votre cotisation est utilisée pour le fonctionnement de l’Obédience, et une autre partie pour l’adhésion à la Loge. Dans certaines Loges, il existe une « aide solidaire » qui peut empêcher que l’aspect financier ne soit un obstacle, en particulier pour les groupes socialement défavorisés.
11. Y a-t-il beaucoup de réunions et cela demande-t-il du temps ?
Entrer en franc-maçonnerie, ce n’est pas comme adhérer à un club d’échecs. C’est un engagement personnel, ainsi qu’un engagement envers ses Sœurs et Frères. Un engagement superficiel fait perdre du temps à la fois à la Loge et au candidat. L’absence persistante aux travaux du Temple peut entraîner l’exclusion définitive. Ceci est prévu par le règlement de l’Obédience.
En ce qui concerne le temps, il doit y en avoir suffisamment pour se consacrer au travail collectif et individuel. Voici un exemple :
- 2 réunions de Loge par mois : 2 soirées.
- Réunions « instructives » pour les nouveaux membres : 1 à 2 soirées tous les 2 mois.
- Réunions du Conseil sur les questions annuelles : en moyenne 3 soirées par an.
- Temps consacré au travail personnel présenté en atelier et à l’acquisition des connaissances maçonniques : l’équivalent de 1 à 2 soirées par mois. En effet, la franc-maçonnerie se pratique aussi bien dans l’Atelier qu’en soi-même. En ce sens, certains parlent du « temple intérieur ».
- En janvier, juillet et août : les « vacances maçonniques » – une période où les Travaux ne sont pas tenus, mais où les francs-maçons continuent d’entretenir les liens fraternels à travers des rencontres profanes.
Cette liste n’est pas exhaustive. Les membres des ateliers maçonniques ayant des responsabilités doivent consacrer différentes quantités de temps supplémentaire, mais ils se portent volontaires pour ces tâches.
À travers ces 11 points, vous disposez des éléments de base qui vous mèneront à une réflexion personnelle. Le reste vous appartient – de décider, en paix et en toute conscience, si vous souhaitez poursuivre votre chemin vers la franc-maçonnerie ou non.
« Vous êtes ici parce que vous voulez l’être, et non parce que vous devez l’être. »
– Br. Z.J.
Préparé par,
Frère ∴ Bratislav Uraković, Maître de L’Art Royal
Grand Maître de la Grande Loge Nationale de Serbie
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